Recueil Regius 2008-2009

Recueil Regius 2008-2009
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Sont réunis ici les plus récents recueils de la collection des travaux de la loge Regius, de la Grande Loge de France à Marseille. Loin de travaux érudits, ce sont des témoignages donnant à percevoir comment peut travailler une jeune loge animée par un fort désir de soulever le voile de l’ignorance, au risque de parfois s’égarer.

Mais comment espérer trouver sinon en acceptant de s’égarer ?

Cette loge tire son titre distinctif, son patronyme, du célèbre manuscrit dit de Halliwell (du nom de son découvreur), long poème initiatique et opératif datant de 1390.

Ces recueils sont diffusés uniquement en format pdf, gratuitement. Chaque lecteur peut contribuer volontairement par un don aux frais occasionnés par la mise à disposition de ces recueils.


Description

Sommaire des sujets

  • on ne va pas d’un seul coup à la lumière. on y va par le chemin de l’obscurité. on ne quitte pas l’obscurité une fois pour toutes, c’est un va et vient continuel de l’une à l’autre.
  • les brâhmana, à travers leur réflexion sur l’essence et le mécanisme du sacrifice, en étaient arrivés à faire de ce dernier une structure médiatrice entre l’homme et le cosmos – mouvement de pensée assez logique dans la mesure où, originelle- ment, la cosmogonie s’était exprimée en terme de « dépècement sacrificiel » d’un homme primordial. la signification du terme upanishad est probablement quelque chose comme « science secrète des correspondances entre microcosme et macrocosme », faisant toutefois, progressivement l’économie du rôle médiateur du sacrifice pour réfléchir directement sur l’équivalence ou « l’équipotentialité » de l’homme et du cosmos.
  • aimez votre solitude, supportez-en la peine, et que la plainte qui vous en vient soit belle. vous dites que vos proches vous sont lointains ; c’est qu’il se fait un espace autour de vous. si tout ce qui est proche vous semble loin, c’est que cet espace tou- che les étoiles, qu’il est déjà très étendu. réjouissez-vous de votre marche en avant ; personne ne peut vous y suivre. soyez bon envers ceux qui restent en ar- rière, sûr de vous et tranquille en face d’eux. ne les tourmentez pas avec vos doutes. ne les effrayez pas par votre foi, par votre enthousiasme : ils ne pourraient comprendre. cherchez à communier avec eux dans le simple et le fidèle.
     
  • il faut porter encore en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante.
  • … la quintessence de la vie s’exprime par les mouvements du feu céleste tels que les a décrits, dans la crainte et le tremblement, le prophète ezéchiel. il s’agit d’un mouvement incessant d’aller et retour, qui constitue le mouvement même de la vie, et qui est exactement le même que le rythme de la respiration, de la circulation du sang, des battements du cœur. la vie, qu’il s’agisse de la vie biologique ou celle de l’âme, c’est le mouvement perpétuel, et son arrêt signifie la mort.

     
  • tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et l’avenir, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas, cessent d’être perçus contradictoirement.
     
  • la mythologie grecque antique parle tantôt des deux fontaines de mémoire et d’oubli, tantôt du fleuve styx et de la source alussos. mais peut-on pour autant rapprocher l’exercice de mémoire de la double signification de la conservation de la connaissance intellectuelle et d’une discipline de salut apportant la victoire sur le temps et sur la mort ?
     
  • comme un vers à soie, tu as tissé un cocon autour de toi. qui peut te sauver ? brise ton cocon et sors-en tel un magnifique papillon, telle une âme libre.
     
  • « ils étaient prudents et avisés, comme au passage à gué d’un fleuve en hiver ; circonspects et vigilants, comme par crainte de tous leurs voisins à la ronde ; graves et réservés comme des invités ; froids et détachés comme de la glace qui fond ; simples et naturels comme du bois brut ; vides et ouverts d’en haut comme une vallée ; troubles et opaques comme une eau limoneuse. grandeur solitaire, obscure et sans écho. qui peut éclaircir lentement par le repos, ce qui est agité, trouble et opaque ? le cœur et les pensées. qui peut animer par un long entraînement, ce qui est inerte, immobile et bouché ? les sept ouvertures du cœur et les neuf canaux intérieurs. celui qui prend cette voie ne peut être plein et encombré. ce qui est plein ne peut plus recevoir et déborde, ce qui est vide aspire les êtres. ainsi libre et débarrassé, dix veilleuses ne valent pas une lampe, il peut rester obscur et en retrait, n’ayant plus rien à reprendre ou renouveler. il s’agit non de se mortifier, mais de se vivifier, non de s’émacier mais de s’entraîner. »
     
  • « les hiéroglyphes égyptiens désignent le nom d’un homme, c’est à dire l’existence distincte de l’individu, par une corde nouée, qui est aussi le symbole du cordon ombilical, nourricier. dans la chaîne d’union, le nœud n’est pas seul, isolé, il est relié au principe universel par la corde comme les frères sont reliés par les bras. la tradition védique dit de la corde d’argent qu’elle est la voie sacrée qui relie l’es- prit de l’homme à l’essence universelle. nous retrouvons ce canal éclairant, rassurant et nourricier, dans le vocabulaire courant qui a de ces raccourcis fulgurants quand cordial signifie qui part du cœur. la concorde, cet état des hommes en paix, nous désigne comme étant ensemble, cum cordem, avec la corde. »
     
  • comme tout le monde, je n’ai à mon service que trois moyens d’évaluer l’existence humaine : l’étude de soi, la plus difficile et la plus dangereuse, mais aussi la plus féconde des méthodes ; l’observation des hommes, qui s’arrangent le plus souvent pour nous cacher leurs secrets ou pour nous faire croire qu’ils en ont ; les livres, avec les erreurs particulières de perspectives qui naissent entre leurs lignes.
     
  • « perfectionnez le toucher jusqu’à en faire un tact, alors l’intelligence remontera de vos mains jusqu’à votre cerveau. »
     
  • « le développement naturel de votre vie intérieure vous conduira lentement, avec le temps, à un autre état de connaissance. laissez à vos jugements leur développement propre, silencieux. ne le contrariez pas, car, comme tout progrès, il doit venir du profond de votre être et ne peut souffrir ni pression ni hâte. porter jus- qu’au terme, puis enfanter : tout est là. il faut que vous laissiez chaque impression, chaque germe de sentiment, mûrir en vous, dans l’obscur, dans l’inexprimable, dans l’inconscient, ces régions fermées à l’entendement. attendez avec humilité et patience l’heure de la naissance d’une nouvelle clarté. »
     
  • « la seule méthode, pour accéder à la connaissance, est la concentration sur le physique, le mental et le spirituel. la concentration sur les pouvoirs de l’esprit pour découvrir l’unité dans la diversité s’appelle la connaissance. est-ce cela « être en tenue » ?
     
  • j’ai voyagé vers le centre de la terre.
     
  • « le feu est l’un des cinq éléments avec le métal, la terre, l’eau et le bois : la terre est l’enfant du feu, son écorce ; le feu est l’enfant du bois qu’il consume ; le feu contrôle le métal , réchauffe et élève l’énergie. si le feu est faible, le métal devient rigide.
    si le feu est trop puissant le métal n’est pas capable de se concentrer vers l’intérieur, il perd sa forme et sa densité. la maîtrise du feu sublime le métal profane, et fait du forgeron un alchi- miste, ou, s’il échoue, un icare repoussé loin du feu de la connaissance … »

     
  • « qu’appelons nous transformation ? elle n’est pas dans l’avenir, elle ne peut jamais être dans l’avenir. elle ne peut être que «maintenant », d’instant en instant. mais qu’appelons-nous transformation ? c’est extrêmement simple, c’est voir que le faux est faux, et que le vrai est vrai. voir le faux comme étant une erreur, et le vrai comme étant la vérité est une transformation, parce que lorsque vous voyez très clairement une chose comme étant la vérité, cette vérité libère. lorsque vous voyez qu’une chose est fausse, elle se détache de vous. »
     
  • par le vide on peut tenir tout ce qui est plein et donc tout diriger, maintenir. on pétrit et tourne l’argile pour faire un vase, c’est son creux qui permet de s’en servir. ce n’est pas l’aspect du vase qui importe, ce qui importe, c’est le creux qui contient. on perce des portes et des fenêtres pour faire une salle, ce sont ses ouvertures qui en permettent l’usage. ce n’est pas le corps du logis qui compte, ce qui compte ce sont ses espaces vides. ainsi la forme est faite pour disposer, la non forme pour servir. tout efficace sort du vide, rien n’est efficace sans vide.
     
  • « le vrai confort est inconfortable. le vrai calme est aventureux. la paix est un combat, la vérité un débat, le droit une lutte. tout n’est que mouvement. l’oublier c’est mourir, mourir au monde et à sa propre vie. »
     
  • que veut dire travailler avec amour : c’est tisser une étoffe avec un fil tiré de votre cœur comme si votre bien aimée devait porter cette étoffe …. c’est semer le grain avec tendresse et récolter la moisson comme si votre bien aimée devait en manger le fruit. c’est insuffler dans toutes les choses que vous fabriquez l’essence de votre esprit.
     
  • et je vous dis que la vie est en effet obscure sauf là où il y a élan, et tout élan est aveugle sauf là où il y a la connaissance, et toute connaissance est vaine sauf là où il y a le travail, et tout le travail est futile sauf là où il y a l’amour … et quand vous travaillez avec amour, vous attachez votre être à votre être, et vous aux autres et vous à dieu .
     
  • « pour bien vivre, il faut se lancer, s’égarer, se débattre, se tromper, commencer et abandonner, recommencer et abandonner de nouveau, et lutter éternellement et se priver. quant à la tranquillité, c’est de la bassesse. »
     
  • libère toi de la colère et du désir, qui sont les sources du pêché et du conflit, pour réaliser l’unité en toi. c’est l’essence du yoga; c’est le moyen par lequel tu apprends à connaître l’âme et à atteindre le degré de spiritualité le plus élevé. apprends à méditer. ferme les yeux; calme ta respiration; concentre ton attention sur le centre de la conscience.
    tu maîtriseras ainsi les sens, les émotions et le mental – et tu te libéreras du désir et de la colère. est ce déjà cela se mettre à l’ordre ?

     
  • il y a ce qui n’est pas né, ce qui n’est pas devenu, ce qui n’a pas été fait, ce qui n’est pas composé ; s ‘il n’y avait pas le non-né, le non-devenu, le non-fait, le non-composé, il n’y aurait aucun moyen d ‘échapper au né, au devenu, au fait, au composé. mais parce qu’il y a un non-né, un non-devenu, un non-fait, un non-composé, à cause de cela on peut échapper au né, au devenu, au fait, au composé. il y a l’instabilité de ce qui est soutenu, il n’y a pas d’instabilité de ce qui n’est pas soutenu ; quand il n’y a pas d’instabilité, il y a repos ; quand il y a repos, il n’y a pas de penchant ( d’inclination vers les jouissances ) ; quand il n’y a pas de penchant, il n’y a pas d’allées et venues, pas de mort et pas de naissance ; quand il n’y a ni mort ni naissance, il n’y a pas d’ici ni d’au-delà ni rien entre eux. ceci est en vérité la fin de la douleur.
     
  • « que je sois le veilleur de tous tes horizons … permets à mon regard plus hardi et plus vaste d’embrasser soudain l’étendue des mers fais que je suive la marche des fleuves afin qu’au-delà des rumeurs de leurs rives j’entende monter la voix silencieuse de la nuit ».
     
  • ce que nous allons entreprendre ensemble c’est une expédition, un voyage de découverte dans les recoins les plus secrets de notre conscience. et pour une telle aventure, nous devons partir léger, nous ne pouvons pas nous encombrer d’opinions, de préjugés, de conclusions [...] oubliez tout ce que savez à votre propre sujet ; oubliez tout ce que vous avez pensé de vous-mêmes, nous allons partir comme si nous ne savions rien.
     
  • l’ humanité est la question à laquelle chaque être humain est la réponse.
     
  • il est facile de discourir sur la doctrine ou d’écouter disserter à son propos ; il est bien plus difficile de la mettre en pratique. pourtant sauf à pratiquer assidûment les enseignements, il n’existe pas d’autre moyen d’obtenir de bons résultats. si la cause se résume à une explication verbale, l’effet ne peut guère aller plus loin. quand on a faim, la simple description d’un mets savoureux ne saurait suffire à nous rassasier.
     
  • que serait une solitude qui ne serait pas une grande solitude ? la solitude est une : elle est par essence grande et lourde à porter. presque tous connaissent des heures qu’ils échangeraient volontiers contre un commerce quelconque, si banal et médiocre fût-il, contre l’apparence du moindre accord avec le premier venu, même le plus indigne … mais peut-être ces heures sont-elles précisément celles où la solitude grandit et sa croissance est douloureuse comme la croissance des enfants, et triste comme l’avant-printemps. une seule chose est nécessaire : la solitude. la grande solitude intérieure. aller en soi-même, et ne rencontrer durant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir.
     
  • penser est facile, agir est difficile, mais agir selon sa pensée est ce qu’il y a au monde de plus difficile.
     
  • la spiritualité ne contient ni n’autorise aucune promesse. loin de la foi, elle pro- pose simplement la nécessité fondamentale de travailler avec soi-même. essentiellement, très simplement, de façon très ordinaire. un des points d’ancrage, qui nous font tant défaut lorsqu’ils se dérobent, mais qui peuvent nous retenir d’aller plus loin, parfois, est une espèce d’intuition d’ordre métaphysique qui dit que le réel ultime nous échappe de toutes parts. ce réel ultime qui nous occupe tous ne se laisse enfermer ni dans nos concepts, ni dans nos catégories, et si nous nous réunissons pour en parler, c’est qu’il nous sou- tient dans l’être, c’est qu’il est présent en nous. ainsi il ne s’agit pas d’aller à sa recherche, mais plutôt de le laisser émerger dans nos vies.
     
  • la révolte et la révolte seule est créatrice de la lumière, et cette lumière ne peut emprunter que trois voies : la poésie, la liberté et l’amour.
     
  • avant de se mettre en route, l’homme se regarde, il tente de se connaître et de savoir qui il est. s’approchant de lui-même, il est mis en présence de la multiplicité de ses moi. souffrant cruellement de se voir comme une hydre monstrueuse, il souhaite éperdument conquérir son unité. la détresse éprouvée par sa propre vi- sion le propulse dans cette recherche. »
     
  • le perfectionnement ne s’accomplit pas en vertu d’une loi de structure comparable à l’enfant grandissant pour devenir adulte ; au grain de blé éclatant dans l’ombre de la terre et mûrissant dans la lumière du soleil ; cette mutation se doit d’être souhaitée. tel est le seul désir que l’homme puisse conserver en lui et constamment nourrir : celui d’oeuvrer pour conquérir sa plénitude.
     
  • la liberté de la graine réside dans l’accomplissement de son dharma, de sa nature et de sa destinée – qui est de devenir un arbre ; c’est le non-accomplissement qui est pour elle une prison. le sacrifice par lequel une chose parvient à se réaliser n’est pas un sacrifice qui aboutit à la mort, c’est le rejet des chaînes et l’obtention de la liberté.
     
  • lorsque nous sommes aptes à monter à l’aide de l’échelle naturelle vers quelque sommet initiant, nous laissons en bas les échelons du bas ; mais quand nous redes- cendons, nous faisons glisser avec nous tous les échelons du sommet. nous enfouissons ce pinacle dans notre fond le plus rare et le mieux défendu, au-dessous de l’échelon dernier, mais avec plus d’acquisitions et de richesses encore que notre aventure n’en avait rapporté de l’extrémité de la tremblante échelle.
     
  • emprunter, pendant le temps que les profanes appellent la vie, un véhicule corporel –auquel nous ne pouvons nous identifier totalement- est sans doute le meilleur moyen de se développer dans ce plan-ci, entre naissance et mort ; mais notre être profond, subtil, notre être immatériel –celui qui commande à tout le reste- n’existe-t-il pas selon d’autres modes d’existence ? survivant à la séparation d’avec le véhicule corporel ? plutôt que la faucheuse définitive, dans la mort je vois l’étoile de la connaissance qui guide sur un chemin sans retour, un chemin de conscience.
     
  • contrairement au grand cycle des vies au cours duquel seul mon être subtil conserve la trace de mes expériences passées, et où je dois progresser sans mémoire formelle des étapes précédentes, dans le chemin maçonnique je sais précisément ce que j’ai fait, je peux inventorier mes actes, et si là j’ai l’avantage de la mémoire, la difficulté n’est pas mince de réussir à faire passer la connaissance acquise du plan cérébral au plan de la réalité subtile et vibratoire. passer de l’avoir à l’être. une fois dépouillée de ses formes, de ses mots qui sont autant d’échafaudages in- dispensables à son érection, provisoires, la connaissance acquise, élaborée, conçue, ciselée, va devoir passer dans le sang, dans les atomes, devenir partie intégrante du souffle de vie, et c’est là tout l’enjeu.

134 pages



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EtatNeuf
RéférenceR1

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